# Une station alpine bâtie sur un plateau désert dans les années 1960, devenue référence d'architecture de montagne

La station est créée dans les années 1960 dans le cadre du Plan Neige, programme lancé par le gouvernement Pompidou pour développer des stations de ski capables d'accueillir massivement les classes moyennes en quête de loisirs. Son architecture, marquée par de grands ensembles en béton, suscite dès l'origine des critiques sévères avant de devenir, plusieurs décennies plus tard, un modèle cité en exemple par les professionnels de l'aménagement de montagne.

## Une station née du Plan Neige

Les premiers immeubles et les premiers téléskis sortent de terre en 1964 sur le plateau des Boyes, site alors inhabité situé au-dessus du village de Saint-Martin-de-Belleville. Cet ensemble initial, comprenant notamment le foyer des ouvriers Le Solaret, forme le quartier de La Croisette. En 1972 commence la construction du Brelin, immeuble de 640 logements dont le gigantisme et la masse architecturale lui valent le surnom de « paquebot des neiges ». Le bâtiment est labellisé patrimoine remarquable du XXe siècle en 2012.

## Un style architectural contesté dès l'origine

Le parti pris fonctionnaliste de la station — absence de voitures, bâtiments regroupés à proximité des pistes, galeries marchandes couvertes — divise la presse dès les années 1970. Le Touring Club de France décrit en juin 1977 les tours de la station comme des « casiers à familles » à l'aspect « honteux ». D'autres publications adoptent un regard plus favorable : La Montagne salue en 1973 le caractère fonctionnel du site, La Voix du Nord loue la même année le choix d'une architecture moderne plutôt qu'un « village savoyard d'opérette », et Nord Éclair évoque en 1975 un « ensemble cohérent ». Le Figaro souligne en 1977 l'intérêt écologique de la concentration des lits en hauteur, plutôt que dans deux mille chalets individuels. Le Touring Club Belgique observe en 1975 que l'ensemble de blocs et de tours, mal accueilli au départ, finit par convaincre un nombre croissant de skieurs grâce à ses commerces, à son accueil et à ses tarifs compétitifs.

## La naissance du domaine skiable des 3 Vallées

L'installation du téléski des Allamands en 1973 permet de relier la station à Méribel, donnant naissance au domaine skiable des 3 Vallées, présenté comme le plus vaste domaine skiable du monde avec 600 kilomètres de pistes. Malgré l'arrêt du Plan Neige en 1977, la construction se poursuit dans la même période avec les immeubles trapèzes de Preyerand ainsi que les tours Dorons et Neige et Ciel, qui prolongent la controverse architecturale entamée dès la création de la station.

## Une décennie de déclin dans les années 1990

Dans les années 1990, l'architecture de la station est de nouveau vivement critiquée. Certains bâtiments emblématiques sont détruits, dont le foyer d'origine Le Solaret, tandis que d'autres constructions rencontrent des difficultés pour être rénovées.

## D'un modèle décrié à une référence patrimoniale

À partir des années 2000, le regard porté sur cette architecture change. Le modèle de station intégrée, longtemps moqué, devient une source d'inspiration régulièrement citée par les aménageurs souhaitant concevoir une architecture de montagne plus vertueuse. Cette reconnaissance se traduit par la labellisation du Brelin comme patrimoine remarquable du XXe siècle en 2012, puis par la rénovation, en 2024, du quartier commerçant de la Croisette, cœur historique des commerces et services de la station.

## Points clés

- Le plateau des Boyes, site inhabité situé au-dessus du village de Saint-Martin-de-Belleville, accueille les premiers immeubles et téléskis de la station dès 1964.
- L'immeuble Le Brelin, construit à partir de 1972 avec 640 logements et surnommé le « paquebot des neiges », est labellisé patrimoine remarquable du XXe siècle en 2012.
- La liaison par téléski avec Méribel, ouverte en 1973, donne naissance au domaine skiable des 3 Vallées, présenté comme le plus vaste domaine skiable du monde.
- Dans les années 1990, plusieurs bâtiments emblématiques de la station, dont le foyer d'origine Le Solaret, sont détruits, tandis que d'autres peinent à être rénovés.
- Le quartier commerçant central de la Croisette, cœur historique des commerces et services de la station, est rénové en 2024.
