# Comment la neige de culture est-elle fabriquée sur le domaine skiable ?

La production de neige de culture repose sur la réunion simultanée de plusieurs conditions météorologiques et techniques. Le domaine skiable des 3 Vallées mobilise à cet effet un réseau de sondes, des retenues d'eau artificielles et des installations qui s'étendent sur des dizaines de kilomètres. La ressource en eau nécessaire à cette production fait par ailleurs l'objet d'un partage strict avec d'autres usages prioritaires.

## Quatre conditions réunies pour produire de la neige de culture

Quatre facteurs doivent être réunis pour qu'un enneigeur fonctionne. Le premier est l'hygrométrie, c'est-à-dire le taux d'humidité de l'air, qui détermine la température humide à partir de la température sèche mesurée par un thermomètre classique. Une température sèche de 0 °C associée à 30 % d'humidité correspond ainsi à une température humide d'environ -4,3 °C, tandis qu'un taux d'humidité de 100 % rend les deux températures identiques. Les enneigeurs à basse pression, de type ventilateurs, démarrent à partir de -2 °C humide, et les enneigeurs à haute pression, de type perches, à partir de -4 °C humide. Cent cinquante sondes réparties sur le domaine skiable mesurent ces températures au dixième de degré près, chaque sonde pilotant le démarrage d'un groupe de trois à cinq enneigeurs.

Le deuxième facteur est le vent : un vent fort disperse la neige produite en dehors des pistes, tandis qu'un vent de face sur la tête de l'enneigeur provoque une prise en glace et la production d'eau plutôt que de neige. Le troisième facteur est la température de l'eau utilisée, idéalement comprise entre 1 °C et 3 °C. Cette eau provient de retenues collinaires, des étendues d'eau artificielles telles que celles de la Masse, du Montaulever ou de Boismint aux Menuires, dont la masse est brassée par un système de bullage pour permettre son refroidissement au contact de l'air extérieur. Le quatrième facteur est la disponibilité et la capacité de l'installation elle-même, qui peut être limitée par le débit des pompes, la section des réseaux de tuyaux ou des pannes techniques touchant pompes, réseaux ou alimentation électrique.

## Une eau puisée dans le Doron et strictement contingentée

L'eau utilisée pour la fabrication de la neige de culture provient des retenues collinaires, elles-mêmes alimentées par deux sources. Une partie est captée dans le Doron, la rivière locale nourrie par la fonte des neiges, ce captage permettant la production de neige sur le secteur de Saint-Martin-de-Belleville. L'autre partie provient du réservoir d'eau de la société Suez. Ces prélèvements sont contrôlés par des autorités telles que la police de l'eau et la préfecture. Un ordre de priorité s'applique par ailleurs à l'usage de cette ressource : les réserves des pompiers sont servies en premier, puis les besoins des populations locales et touristiques, et enfin, seulement si un contingent reste disponible, le remplissage des retenues destinées à la production de neige. Au cours de la saison 2025-2026, la sécheresse a limité le remplissage des retenues à 75 % de leur capacité.

## Un rôle jugé indispensable pour prolonger la saison

La neige de culture est présentée comme un complément nécessaire à l'enneigement naturel. Plus compacte, elle fond moins vite et forme une sous-couche qui protège et prolonge la durée de vie de la neige naturelle déposée par-dessus. Selon cette description, l'absence de neige de culture réduirait la durée des saisons d'exploitation du domaine skiable.

## Une gestion de l'eau optimisée face au réchauffement climatique

Une étude menée avec un cabinet spécialisé, s'appuyant sur les modèles climatiques de Météo France croisant le nombre d'heures de froid disponibles et la présence de neige naturelle, indique que, dans le scénario le plus défavorable envisagé, une production de neige avant le 31 décembre resterait possible jusqu'à une période comprise entre 2080 et 2100.

La consommation d'eau observée est restée relativement stable au cours de la décennie précédant la saison 2025-2026, malgré la variabilité de l'enneigement naturel d'une année sur l'autre. Cette maîtrise s'appuie notamment sur le dispositif Snowsat, un système embarqué sur les engins de damage qui mesure en temps réel l'épaisseur du manteau neigeux. Il permet de ne produire que le volume de neige nécessaire, de prélever la neige aux endroits où le manteau est le plus épais, d'optimiser les temps de damage et de réduire les consommations énergétiques. La modernisation des installations de production contribue également à une consommation plus raisonnée, tandis que la fréquentation du domaine skiable influe sur la vitesse de fonte de la neige, une forte affluence dispersant davantage la neige sur les côtés des pistes.

## Points clés

- La fabrication de neige de culture nécessite la réunion de quatre conditions : une hygrométrie favorable, l'absence de vent défavorable, une eau entre 1 °C et 3 °C, et une installation opérationnelle.
- Les enneigeurs à basse pression (ventilateurs) démarrent dès -2 °C humide, contre -4 °C humide pour les enneigeurs à haute pression (perches).
- L'eau provient pour partie du Doron, la rivière locale, et pour partie du réservoir de la société de distribution d'eau Suez ; son usage est soumis à un ordre de priorité qui place la neige de culture après les pompiers et les besoins des populations.
- Durant la saison 2025-2026, la sécheresse a limité à 75 % le taux de remplissage des retenues collinaires (lacs artificiels servant au stockage de l'eau destinée à l'enneigement).
- Une étude basée sur les modèles de Météo France estime que, dans le scénario le plus défavorable, la production de neige avant le 31 décembre resterait possible jusqu'à une période comprise entre 2080 et 2100.
